Dans 10 ans, 1 être humain sur 2 sera obèse, affirme l’OMS.

Un phénomène sociétal mondialisé.

Documentaire Arte : dans le monde, 2 milliards de personnes obèses ou en surpoids et pourquoi les plus pauvres sont les premiers touchés

« On peut parler d’épidémie mondiale d’obésité : tous les pays sont touchés par l’obésité, dans des proportions variées. Auparavant, c’était plutôt le fait des pays développés, occidentaux. Depuis le début des années 2000, on voit que les grands pays émergents sont de plus en plus touchés par l’obésité. Notamment le Brésil et la Chine. Et même les pays en développement », constate Anthony Fardet, chercheur en alimentation préventive.

« On a fabriqué des fake foods »

Le pays le plus touché, c’est les États-Unis. 38 % de la population d’obésité. Suit le Mexique, avec 32 %, puis la Nouvelle-Zélande, avec 31 %. À l’avenir, les pays plus touchés par l’obésité seront les plus pauvres, essentiellement parce qu’ils sont les plus exposés aux aliments ultra-transformés. Ces produits coûtent en moyenne 60 % moins cher que les produits frais.

« On a fabriqué des fake foods, des aliments qu’on a artificialisé au niveau des qualités sensorielles : goût, couleur, arôme et texture. Cela nous pousse à consommer plus que de raison. Mais la question de fond, ce n’est pas la transformation, car on mange transformé depuis la nuit des temps. La vraie question, c’est quel degré de transformation est acceptable pour la santé ? », analyse Anthony Fardet.

« L’obésité n’est pas la conséquence d’un seul manque d’exercice physique »

L’obésité n’est donc pas la conséquence d’un seul manque d’exercice physique, malgré les discours culpabilisateurs omniprésents dans la pub et dans les médias. « Il existe ce qu’on appelle des déserts alimentaires. Les industriels ne sont pas forcément responsables, mais dans certains endroits, les snacks, ce ne sont que des distributeurs de produits ultra-transformés. Dans la restauration collective, parfois, 50 % de l’offre est ultra-transformée. Et puis vous avez des zones urbaines, d’où le rôle des architectes, qui fait qu’on peut se promener pour faire ses achats pendant plusieurs kilomètres sans trouver d’offre de produits frais », développe Anthony Fardet.

« Un environnement obésogénique »

Aujourd’hui, avec l’épidémie de Covid-19, les personnes obèses sont d’autant plus vulnérables. Anthony Fardet explique : « On vit dans des environnements de plus en plus obésogéniques. Un environnement obésogénique, c’est un environnement qui a plusieurs dimensions favorisant l’obésité. Le pilier numéro un, c’est la mauvaise alimentation. Ensuite, la baisse de l’activité physique. Puis la pollution environnementale, le stress, le manque de sommeil et la génétique. »

Aujourd’hui, Anthony Fardet espère que la crise du Covid-19 entraînera une prise de conscience sur l’importance de l’alimentation et son impact sur la pandémie d’obésité. « J’espère que ça permettra d’avancer plus vite pour des systèmes alimentaires plus durables et surtout le respect de la biodiversité. »

***Arte diffuse *Un Monde obèse*, la nouvelle enquête de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade le mardi 14 avril à 20h50. Disponible en replay ici : https://www.arte.tv/fr/videos/083970-000-A/un-monde-obese/. ***

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